Tête de Turque
Tête de Turque. Temps de lecture : 3 min 59.
Parler de restaurants aujourd'hui, c'est comme tapoter doucement avec un marteau sur une surface fragile. Avec la crise, les menus à prix réduits et des choix limités, il est rare de croiser des moments de pur bonheur culinaire. C'est pourtant ce que j'ai ressenti au Villaret, situé dans le 11e arrondissement de Paris (13, rue Ternaux ; tél. : 01 43 57 89 76). Cette brasserie est réputée pour sa carte des vins impressionnante.
Une passion pour les vieux millésimes
Face à moi se trouve François Audouze, un homme dont l'expérience dans la grande distribution a nourri son amour des vieux millésimes. En véritable épicurien, il n'hésite pas à partager ses découvertes lors de dîners fascinants (www.wine-dinners.com) où de précieuses bouteilles s'apprêtent à livrer leur dernier souffle. Lorsque François évoque ces trésors, l'émotion est palpable ; il en est un vrai passionné.
Le choix du vin
À chaque gorgée, il est captivant de l'observer choisir un vin. Ses yeux scrutent la carte comme un explorateur en quête d'un trésor caché. Il opte pour une Côte-Rôtie La Turque de Guigal, millésime 1999, à 338 €. En pareils moments, inutile de pâlir ou d’appeler à l’aide, il faut juste s’assurer que l’expérience se déroule sans accroc. Après quelques négociations, cette divine bouteille se partage en trois. Un vin remarquable, à mille lieux des bouteilles à boire en désinvolture.
Le vin au cœur de l’expérience culinaire
La Turque possède une histoire unique : sa parcelle semble toujours enneigée lorsque la neige fond sur les coteaux des Côtes-Rôties. François déplore les prix excessifs pratiqués dans certains restaurants étoilés, plaidant pour une approche plus équitable des grands crus. Pour lui, un Haut-Brion 1989 ne devrait pas coûter plus de 600 €, par exemple.
Quant à la nourriture, la viande doit être en parfaite harmonie avec le vin. François témoigne de son expertise au moment de déguster, rappelant que le vin doit toujours être au premier plan. Entre les fromages et les desserts, il savoure les ultimes gouttes de sa bouteille comme un rite sacré. Une expérience qui résonne profondément et qui pourrait transformer votre perception des plaisirs de la table.







