Elle passionne les « foodies », mais peine à trouver ses marques en France. Au fait, c'est quoi la « street food » ?
Avec un budget réduit et un emploi du temps serré, de plus en plus de consommateurs se tournent vers la street food. Cette cuisine mobile, à la fois saine et pratique, pourrait-elle ringardiser le jambon-beurre ? Rien n'est moins certain !
Une alternative à la malbouffe
"L'intérêt d'aller vers la street food, pour moi, c'est de créer une alternative à la malbouffe", explique Thierry Marx, chef renommé et fondateur de l'Atelier de cuisine nomade à Blanquefort. En réponse à l'omniprésence des chaînes de fast-food, il propose des cours aux futurs entrepreneurs de la street food, allant des pizzas aux bar à soupes. L'accent est mis sur une alimentation saine, avec un coût moyen de 6 euros par plat. Pour lui, la street food est une manière de retourner vers ses racines : "Enfant, j'habitais à Belleville, où je découvrais les délices tunisiens."
Un voyage culinaire mondial
La street food est emblématique à travers le monde : un sandwich vietnamien à Belleville, des taquerias à Los Angeles, des briwats à Marrakech... Cette cuisine est accessible, simple et saine. Morgane de La Guerrande et son mari ont parcouru l'Asie sur un scooter, rapportant dans leur livre Food Trotter, que ce style de cuisine est celui du quotidien, offrant souvent des repas équilibrés pour quelques euros.
Jean-François Mallet, photographe et cuisinier, partage la même vision dans son ouvrage Take Away, qui compile des images et des récits sur la diversité de la street food mondiale : des spécialités américaines aux mets raffinés africains. Pour lui, goûter la cuisine de rue est la meilleure façon de comprendre une culture.
Les défis de la street food en France
En France, le paysage de la street food présente encore des lacunes. Si des plats comme le jambon-beurre ou la panisse sont populaires, la diversité est limitée par rapport à des cuisines asiatiques ou sud-américaines. Alexandre Cammas, du Fooding, souligne que la cuisine française a longtemps favorisé des repas plus formels, mais la tendance évolue. Des chefs comme Yannick Alléno se risquent désormais à sortir leurs plats dans la rue, contribuant à enrichir ce secteur.
Les cours de snacking au Centre de formation d'Alain Ducasse attirent l'attention des professionnels souhaitant maîtriser ces nouvelles tendances. Les Français, malgré leur attachement à leurs recettes traditionnelles, commencent à s'ouvrir à des propositions plus variées, avec des enseignes innovantes comme Quinoé ou La Favelinha, offrant des plats sains commodément à emporter.
Les études montrent une réduction du temps moyen consacré au déjeuner, passant de 1h38 en 1975 à seulement 31 minutes aujourd'hui. Toutefois, la quête de qualité se fait toujours sentir, propulsant des chefs vers des alternatives écoresponsables qui pourraient bien redéfinir la street food en France.







