Le croque-notes de François Simon. Aujourd'hui, l'auberge La Pomme d'Api à Saint-Pol-de-Léon
Lorsque des établissements renommés, comme Le Temps de Vivre dirigé par Jean-Yves Crenn, ferment leurs portes à Roscoff, il est fascinant d'observer l'évolution gastronomique des environs. Le printemps dernier, ce restaurant proposait une cuisine audacieuse aux saveurs iodées, dans un cadre magnifique, à proximité d'une belle maison de corsaire. Heureusement, l'hébergement dans cette maison offre toujours des pièces avec vue sur la mer ainsi que l'île de Batz (19, place Lacaze-Duthiers, tél.: 02 98 19 33 19, www.letempsdevivre.net).
Récemment, c'est le Brittany, un établissement des Relais & Châteaux, qui a pris la relève avec ses nuances pourpres et dorées (boulevard Sainte-Barbe, tél.: 02 98 69 70 78). Cependant, ce changement n'est pas toujours sans complications. Les dynamiques entre clients et hôteliers, souvent marquées par un protocole désuet, peuvent déboucher sur des repas lourds de solennité. Néanmoins, la présence du chef Loïc Le Bail permet d'échapper à cette monotonie, en proposant une cuisine réjouissante et généreuse.
Ce dernier met un accent particulier sur des plats simples mais raffinés, comme un tourteau décortiqué ou un homard en cocotte (dont le prix s'élève à 55 €, mais la qualité est indéniable). Ces choix, savamment élaborés, se marient parfaitement avec l'environnement serein de la mer, tandis qu'un service discret et courtois complète l'expérience culinaire. À l’auberge La Pomme d'Api à Saint-Pol-de-Léon, la beauté de la ville, illuminée la nuit, incite à s'attarder. Bien que la décoration de l'établissement paraisse un peu simple, l'accueil chaleureux et la douce lueur de la cheminée créent une atmosphère agréable.
Les mises en bouche peuvent parfois être un terrain glissant pour les chefs, qui peinent à laisser transparaître leur maîtrise en miniature. Trop souvent, ces amuse-bouches révèlent leurs insuffisances, comme des expériences culinaires confuses avec du maki de légumes à la thaï et des huîtres fades. Pourtant, derrière ces déceptions peut surgir un plat véritablement savoureux, comme un trio de saint-jacques où un carpaccio a été rehaussé d'un tartare d'algues et d'une gelée d'huître éclatante. En complément, un bar de ligne braisé au beurre salé témoigne du talent du chef Yannick Le Beaudour, qui navigue entre tradition et modernité. Les convives peuvent s'attendre à découvrir des saveurs authentiques dans une atmosphère conviviale, forçant le détour pour une cuisine bien orchestrée.
Pour une expérience culinaire, rendez-vous au restaurant au 49, rue Verderel, où un budget d'environ 60 € par personne vous permettra d'explorer ces délices.







