Manœuvrer les produits, capturer des images, abuser des échantillons... La présidente de la Fédération nationale des marchés de France dévoile ces impolitesses du quotidien au marché.
Fruits, légumes, fromages, fleurs : visiter un marché est un moment de plaisir. Cependant, cette expérience ne doit pas occulter le fait que nous pénétrons le lieu de travail de commerçants. Monique Rubin, présidente de la Fédération nationale des marchés de France, identifie les incivilités souvent commises, souvent sans même s’en rendre compte, qui agacent les vendeurs.
Négocier avec finesse
Monique Rubin évoque que discuter le prix fait partie intégrante de l’univers du marché. « En France, nos marchés sont cosmopolites, et négocier n’est pas mal vu. Toutefois, cela doit se faire avec respect », confie-t-elle. « En tant que vendeuse de chapeaux, j'apprécie de faire un rabais à un client régulier ou sympathique, mais le client qui insiste de manière agressive sur le prix ou propose un montant désavantageux est bien souvent mal perçu. »
Manipuler les produits avec précaution
Le marché doit être une expérience immersive. Toutefois, la situation a évolué depuis la pandémie de Covid-19. Les marchands, qui auparavant permettaient de se servir directement, ont vu une diminution des pertes à la suite de ces restrictions. Certains offrent désormais des paniers pré-préparés pour éviter les manipulations excessives des clients. Cela montre que des changements peuvent apparaître même dans les traditions les plus ancrées.
Respect des échantillons
Le marché est, par essence, un lieu convivial où le respect devrait prévaloir. Cependant, certains clients abusent de la générosité des vendeurs. « Certains ajoutent des produits supplémentaires à leur barquette sans intention d’achat, ce qui peut irriter les commerçants », souligne Rubin. Si un client apprécie un échantillon, il est vital qu’il respecte l’intention de partage des commerçants et consomme avec bienveillance.
S'éviter les ventes à la sauvette
La vente à la sauvette entraîne des tensions considérables. « Ces vendeurs, souvent exonérés de taxes, attirent l'attention par des prix basses, mais nuisent clairement aux commerces établis », indique Monique Rubin. Ce phénomène, particulièrement rampant dans les grandes villes, oblige les acteurs du marché à s’adapter pour conserver leur clientèle fidèle.
Prendre des photos avec délicatesse
À l'ère numérique, les photos sont omniprésentes. Bien que les produits frais se prêtent à de belles images, cela se complique pour les créations artisanales. « De nombreux clients prennent des photos pour réaliser des achats moins chers en ligne ou, pire, pour des contrefaçons. Toujours demander l’autorisation avant de photographier est la règle d’or », conclut Monique Rubin.







