Les innovations culinaires de Thierry Marx fascinent le monde entier. Écrivain et penseur engagé, Edgar Morin explore, lui, les liens entre gastronomie et émotions. Pour ces deux hommes passionnés, l'art culinaire va bien au-delà de la simple préparation de plats, il incarne une manière d'appréhender le monde.
La cuisine : un espace de créativité et d'émotions
Les plats de Thierry Marx ne sont pas seulement délicieux, ils sont également un moyen d'explorer des émotions et des souvenirs. Morin le dit bien : "Notre manger est imprégné d'histoires et de présences." Lors de leur rencontre, Marx évoque avec enthousiasme sa capacité à recomposer les saveurs, comme un artiste réinvente son sujet. Cela peut matérialiser des plats déroutants, qui évoquent l’imaginaire et les influences culturelles diverses.
L'innovation face à la tradition
Morin souligne que la cuisine traditionnelle repose sur des combinaisons bien définies, établies au fil du temps. Cependant, Marx répond qu'il s'agit de garder l'essence des ingrédients tout en réinventant leur association. Sa cuisine relève d'une "créativité combinatoire", rompant ainsi avec les conventions, sans renier son héritage. L'innovation, dit-il, doit apporter une réelle valeur ajoutée au plaisir de manger.
La dimension sociale de la gastronomie
Pour Edgar Morin, la cuisine est véritablement un art social. La commensalité – le fait de partager un repas – enrichit l'expérience culinaire. Quant à Thierry Marx, il enseigne même à des détenus l’art culinaire, leur transmettant des valeurs de travail et de partage. Pour lui, la cuisine doit être un espace d'éveil et de créativité, capable de tisser des liens entre les individus.
Enfin, Morin souligne que le plaisir de manger dépasse la simple satisfaction corporelle : il engage tous nos sens, enrichissant ainsi notre relation au monde.







