En seulement cinq ans, Cédric Deckert a su inscrire le village alsacien de Laubach sur la carte des restaurants les plus prisés de France. Son établissement, La Merise, a été honoré d'une deuxième étoile en 2021. Zoom sur le parcours exceptionnel d'un chef passionné.
- Biographie
- Son restaurant
- Sa cuisine
- Ses recettes
Pour ses 40 ans, Cédric Deckert a célébré une belle victoire : l'attribution d'une deuxième étoile. Ancien second du célèbre chef alsacien, Jean-George Klein, il a su bâtir une réputation solide grâce à son talent et à son dévouement. À ses côtés, Christelle, son épouse, gère avec soin la salle. Ensemble, ils ont su élever la barre au même niveau que d'autres grandes tables de la région comme Au Cheval Blanc à Lembach ou La Villa René Lalique, et visent encore plus haut.
Biographie d'un passionné
Né en 1981, Cédric Deckert est un pur produit alsacien. Son premier souvenir culinaire ? "La tartine de pain beurré à la confiture de ma grand-mère", déclare-t-il avec nostalgie. Après avoir grandi à Avolsheim, il a perfectionné son art culinaire en obtenant un CAP puis un Bac Pro au CEFPPA d'Illkirch.
Son parcours professionnel est simple à retracer, ayant eu seulement deux grandes expériences et un mentor phare : Jean-George Klein. Cédric a été son second à l'Arnsbourg, un restaurant trois étoiles de Baerenthal, pendant presque 17 ans. "C'est quelqu'un que j'admire énormément. Avec ma femme Christelle, nous lui sommes reconnaissants pour la rigueur et la passion qu'il nous a transmises, des valeurs qui nous permettent d'évoluer aujourd'hui", confie le chef sur le site Fine Dining Lovers.
Un restaurant à l'identité marquée
En octobre 2016, Cédric et Christelle Deckert ouvrent leur propre restaurant, La Merise, à Laubach qui compte environ 400 habitants. "Nous avons débuté sur une page blanche. Ce bâtiment new-look a été construit entièrement avec des matériaux anciennement utilisés dans les maisons alsaciennes", explique-t-il. Avec des poutres apparentes, une terrasse spacieuse donnant sur un jardin et de vastes vergers, la maison respire l'authenticité là où modernité et tradition s’harmonisent.
Après neuf mois de travaux, La Merise est inaugurée et le succès est immédiat. "Nous ne cherchons pas à imiter d'autres restaurants ou à créer un style particulier. Nous avons notre identité culinaire et nous nous efforçons de travailler avec simplicité et sérieux".
Deux ans plus tard, la première étoile est décernée en 2018, suivie par une deuxième après des travaux d’agrandissement pendant la période de confinement. "Cette reconnaissance nous pousse à nous investir davantage dans notre passion et à partager de précieux moments autour de notre table", s'enthousiasme-t-il.
Une cuisine authentique et réfléchie
Selon le guide Michelin, Cédric Deckert est un chef dont la cuisine est claire et accessible, dénuée d'artifices. Les convives savent immédiatement ce qu'ils dégustent, tout en découvrant des surprises gustatives. "Ma cuisine est d'abord gourmande, inspirée de mes souvenirs d'enfance. Elle est également épurée, avec des dressages sobres où les assiettes contiennent rarement plus de trois éléments".
Le chef met un point d'honneur à mettre en valeur les producteurs locaux. Le poisson s'invite dans près de 70 % de ses plats, tandis que des viandes aux sauces corsées rehaussent les saveurs. En admirateur de la cuisine italienne, il apprécie les combinaisons de tomate, basilic et parmesan.
Des plats déjà emblématiques
Le plat qu'il préfère ? La langoustine marinée, relevée d'un zeste de citron vert, d'une huile infusée au citron, d'une crème au vinaigre de framboise et de caviar de hareng, qui s’avère être une réussite graphique parfaite. Également au menu, l'aile de raie bretonne au wasabi et gingembre confit, accompagnée d'un beurre à la feuille de kaffir, fait saliver les gourmets.
Un autre plat emblématique est le Cappuccino de pommes de terre et truffe, un hommage à Jean-Georges Klein. Cette émulsion gourmande est devenue l'une des signatures du chef, un jour, l’élève pourrait surpasser le maître…







