Le croque-notes de François Simon. Aujourd'hui, Le Magasin aux Vivres et La Voile Blanche, à Metz.
Rien n'est plus fascinant que ces TGV qui réduisent les distances comme s'ils essoraient un drap. En à peine quatre-vingt-dix minutes, vous voilà déjà face au célèbre Centre Georges-Pompidou délocalisé. La modernité avancée à ce prix peut sembler déroutante. Mais qui se plaindra de découvrir ce chef-d'œuvre architectural dès la sortie de la gare ? À l'heure du déjeuner, le restaurant est en effervescence, attirant une clientèle nombreuse. Avec une carte bien pensée et un personnel réactif, on pourrait se réjouir, d'autant plus qu'un chef local réputé est aux commandes. Cependant, la déception se pointe à l'arrivée des saint-jacques, qui rendent un étrange hommage à Pablo Picasso. Les héritiers de l'artiste pourraient bien débarquer pour protester contre cette tentative audacieuse : fondue de poireaux d'hiver, crème de moules et palourdes au safran sont à peine correctes, tandis que les saint-jacques, molles et manquant de présence, font grimper les prix à 28 euros. La salade végétarienne, bien présentée dans son plat allongé, évoque davantage un self de luxe avec son prix de 17 euros plutôt qu'un restaurant raffiné.
Heureusement, le soir, une réservation au Magasin aux Vivres se révèle être la meilleure décision de la journée. Ce samedi, le restaurant est comble. Notre table, placée au milieu du passage, semble avoir été ajoutée à la dernière minute : "Nous sommes complet", nous informe le personnel. Néanmoins, les truffes et saint-jacques proposées sont savoureuses, même si elles coûtent 44 euros. La glace à la truffe blanche d'Alba reste discutable. Ce mélange de truffes est un de ces raccourcis parfois trompeurs de certains chefs. Les bonbons de langoustines à 43 euros ne parviennent pas non plus à séduire, la friture étant un peu trop épaisse pour convaincre.
Une flânerie dans les rues de Metz révèle alors que l'on a peut-être égaré sa mission. L'envie de découvrir les merveilles de cette ville s'est heurtée à deux expériences culinaires insatisfaisantes, renforçant le charme intrigant de Metz. Dans cette quête gastronomique, aucune leçon à retenir ; juste une invitation à se méfier des réputations trop bien établies, à bifurquer souvent, à choisir judicieusement tout en naviguant dans cette mer d'incertitudes, sans jamais abandonner l'espoir du plaisir. Une chose est claire, il faudra revenir à Metz.
Le Magasin aux Vivres, Hôtel de la Citadelle, 5, avenue Ney. Tél. : 03 87 17 17 17, www.citadelle-metz.com
La Voile Blanche, 1, parvis des Droits-de-l'Homme. Tél. : 03 87 20 66 46. Menus à partir de 25 €, prix moyen autour de 50 €.







