Micheal Moss, ancien journaliste au New York Times et lauréat du prix Pulitzer en 2010, dévoile dans son livre «Sucre, sel et matières grasses, comment les industriels nous rendent accros» les manigances de l'industrie alimentaire. Son enquête met en lumière les pratiques de saturation de nos aliments en sucre, sel et matières grasses, créant ainsi une dépendance dès le plus jeune âge. Cette réalité est d'une importance cruciale alors que l’obésité est devenue une épidémie mondiale.
- Un corps programmé pour le sucre, à la merci des industriels
- Le sel, un agent censé masquer les défauts mais addictif
- Les matières grasses, invisibles mais omniprésentes
Un corps programmé pour le sucre, à la merci des industriels
Selon Micheal Moss, notre corps est conçu pour apprécier le sucre. Les récepteurs présents dans nos papilles gustatives, ainsi que dans l’œsophage, l'estomac et le pancréas, réagissent au sucre de manière à augmenter notre appétit. Les entreprises alimentaires exploitent cette vulnérabilité, rendant le sucre omniprésent dans leurs produits. En moyenne, les Américains consomment 22 cuillères à sucre par jour, un chiffre alarmant lorsque l’on considère que 35 % d'entre eux sont obèses. En France aussi, la situation est préoccupante : l'Organisation Mondiale de la Santé estime que 27 % des adolescents souffrent de surpoids.
Le sel, un agent censé masquer les défauts mais addictif
Les industriels utilisent massivement le sel pour améliorer le goût de produits souvent trop insipides. Au lieu d'opter pour des ingrédients plus sains, comme les herbes ou les épices, le sel devient leur solution privilégiée. Ce dernier, en plus d'être goûté, présente une propriété addictive. Il est à noter que l'excès de sel, très fréquent dans notre alimentation moderne, est directement lié à plus de 1,65 million de décès par an dans le monde, à cause de maladies cardiovasculaires.
Les matières grasses, invisibles mais omniprésentes
Les matières grasses jouent un rôle essentiel dans les produits alimentaires industriels, en leur conférant texture et saveur sans coût élevé. Contrairement au sucre et au sel, nul signal de saturation n'existe pour le gras. Moss cite une étude où des volontaires n'ont jamais refusé un plat de plus en plus gras. Les consommateurs, attirés par des produits allégés, ne réalisent pas à quel point les matières grasses peuvent être insidieuses.
La combinaison de ces éléments crée un cercle vicieux. À mesure que notre palais s'adapte à ces goûts, les entreprises se voient contraintes de continuer à saturer leurs produits, souvent au détriment de la santé publique. Ce phénomène, qui mobilise près de 12 % de la main-d'œuvre aux États-Unis, met en lumière l'énorme pression exercée sur l'industrie agroalimentaire.
Pour découvrir l'intégralité de cette enquête, plongez-vous dans les pages édifiantes de «Sucre, sel et matières grasses, comment les industriels nous rendent accros» de Micheal Moss, disponible chez Calman-Levy. Coût : 19,90 euros. Participez au débat sur notre forum si vous consommez encore des produits industriels et de la junk food.







